CHAPITRE 3

LA CITE DE DIEU

EPISODE 22 ROME CONTRE LA JERUSALEM CELESTE

Dans ce nouvel opus de l'Odyssée de l'Esprit, nous suivons le périple d'Elienzys alors qu'il quitte la solitude du désert pour rejoindre Antioche, la vibrante métropole syrienne. Sa quête le mène à la rencontre de Théophile Chrysostome, un prélat influent qui incarne le basculement d'une époque : celui où la foi chrétienne, autrefois persécutée, s'apprête à devenir l'armature même de l'Empire Romain.

L'épisode explore la tension métaphysique entre deux visions du monde. D'un côté, la figure d'Hélène, "Âme du monde", qui après avoir été la reine de Rome, choisit la voie de l'ascèse et de la pureté absolue, se transformant en une "perle" spirituelle cachée. De l'autre, l'ascension de l'Église comme institution politique, où l'idéal de la Jérusalem Céleste (la cité spirituelle et pure) se voit peu à peu capté et enfermé par la structure impériale de Babylone (Rome).

À travers le prisme de l'histoire et de la théologie politique d'Eusèbe de Césarée, ce chapitre dévoile comment le christianisme primitif a été transfiguré en un outil de pouvoir universel, troquant parfois sa lumière intérieure pour les dorures de l'Empire. C'est le récit d'un "coup d'État théologico-politique" dont les échos résonnent encore aujourd'hui dans les murs du Vatican.

Guide de lecture pour comprendre l’épisode 22

scholion épisode 22

Comment une religion née dans les catacombes, parmi des persécutés et des martyrs, a-t-elle fini par ressembler à un empire — avec un souverain, des provinces et un palais ? C'est la question qui a arrêté Barthélémy net, au milieu de la colonnade du Bernin, entre les statues des papes. Une question simple. Presque bête. Et pourtant vertigineuse. Ce scholion accompagnant l'épisode 22 remonte aux origines de ce basculement : la tension entre la Jérusalem céleste — cité spirituelle libre, promise par Paul aux Galates — et Rome, désignée dans l'Apocalypse de Jean sous le nom de Babylone, la grande puissance terrestre qui écrase le peuple de Dieu. Puis vient l'année 325. Le Concile de Nicée. Constantin convoque les évêques de tout l'Empire — non par amour de la théologie, mais parce qu'un empire divisé sur la nature de son Dieu est un empire fragile. Pour la première fois, la puissance politique s'assied à la table pour décider de ce qu'on doit croire. Et si l'Église est le corps du Christ, et si le Christ est Dieu lui-même... alors l'Église devient le corps de l'Absolu. Babylone et la Jérusalem céleste commencent à partager les mêmes murailles. Est-ce qu'une institution peut prétendre incarner l'Absolu impunément ?

La dualité Jérusalem / Babylone

Parallèlement à la dualité augustinienne Cité de Dieu / Cité Terrestre (développée dans l'épisode 23), l'épisode 22 introduit sa version apocalyptique, lue par Hermas dans l'Apocalypse de Jean :

« Et je vis une femme assise sur une bête écarlate… Sur son front était un nom mystérieux : Babylone la Grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. »  — Apocalypse de Jean, XVII

La question qu'Hermas pose — et qui est la véritable question de l'épisode — est celle du renversement : Rome, qui était Babylone (la cité impériale maudite des premiers chrétiens), s'est-elle transformée en Jérusalem céleste ? Ou a-t-elle simplement emprisonné Jérusalem dans ses propres murs ?

Ce renversement est aussi visible dans le destin d'Hélène : Alma Venus, âme du monde, reine de la terre — elle qui était Babylone au sens vital du terme (la beauté des choses créées) — se dépouille de ses attributs pour devenir Vierge, pour être « aussi pure que la terre stérile ». Est-ce une libération ou une captivité ?

Le coup d'État théologico-politique

C'est l'axe analytique central de l'épisode. Il décrit le processus par lequel une institution religieuse et un pouvoir politique se sont mutuellement instrumentalisés pour produire une forme inédite de domination : l'Empire spirituel.

 Le texte identifie plusieurs moments-clés de ce basculement :

—  313 — Édit de Milan : reconnaissance officielle du christianisme par Constantin.

—  315 — Les symboles chrétiens remplacent les représentations païennes sur les pièces de monnaie (outil de propagande).

—  318 — Interdiction des sacrifices privés et de la magie.

—  323 — Accès des chrétiens à toutes les hautes charges administratives de l'Empire.

—  325 — Concile de Nicée : adoption du dogme de la Trinité (consubstantialité du Christ et du Père), condamnation de l'arianisme.

—  330 — Fondation de Constantinople : nouvelle Rome entièrement chrétienne.

—  431 — Concile d'Éphèse : condamnation de Nestorius et consécration du titre Théotokos (Mère de Dieu) pour Marie.

Le nœud philosophique est formulé ainsi dans le texte : la lumière divine ne pouvait plus se trouver ailleurs que dans les murs de la Cité céleste. Ce monopole de la lumière divine par une institution est le mécanisme fondamental de l'Empire spirituel.

Reconstitution (interprétée) de la statue colossale de Constantin Ier, basilique Maxence de Rome, image IA (ep.22)

La transformation de l'Ekklesia

L'un des passages les plus analytiquement denses de l'épisode est la généalogie étymologique et institutionnelle du terme Ekklesia. Ce n'est pas seulement un passage érudit — c'est la clé du basculement :

L'Ekklesia désignait à l'origine l'assemblée souveraine des citoyens de la polis grecque. En migrant vers les communautés judéo-chrétiennes, le terme a apporté avec lui une ambiguïté fondatrice : la communauté des croyants pouvait-elle hériter de la souveraineté civique de l'assemblée antique ? La réponse de l'Église impériale fut paradoxale : oui, mais à condition que cette souveraineté soit entièrement déléguée vers le haut — vers Rome, puis vers Dieu.

Le texte identifie la tension entre deux vocations de l'Ekklesia : l'assemblée populaire et subversive (le christianisme comme espoir de renversement des hiérarchies sociales, « il n'y a plus ni Juif, ni Grec, ni esclave, ni homme libre ») et l'institution impériale récupérant cette subversion (« Que chacun de vous demeure dans la condition où il se trouvait quand il a été appelé »).

L'Alma Venus et la dépossession de l'âme du monde

Le fil narratif d'Hélène est le contrepoint poétique et symbolique de l'analyse institutionnelle. Sa décision de se dépouiller de ses attributs divins est à la fois :

—  Un acte d'amour pour Eliénzys — elle veut être le socle pur sur lequel l'Esprit Voyageur pourra reposer.

—  Une image de la conversion forcée du paganisme — les dieux anciens (Hermès, Aphrodite, Dionysos, Apollon, Gaïa-Déméter) sont arrachés un à un du corps d'Hélène comme les religions polythéistes sont arrachées de la société romaine.

—  Une préfiguration de la disparition du monde sensible comme monde sacré — là où les forêts, les sources et les torrents étaient habités de divinités (la citation de Sénèque), ne demeure plus que le Dieu unique et intérieur (la citation d'Augustin).

 La tension entre la citation de Lucrèce (Alma Venus comme gouvernante du monde visible) et la citation d'Augustin (la vraie lumière n'est pas dans les choses visibles mais dans le fond du cœur) est le cœur philosophique de toute la séquence d'Hélène. C'est le passage d'une spiritualité du monde à une spiritualité de l'intériorité.

Représentation symbolique d’Hélène -Alma vénus et de son mouvement de dépouillement spirituel. image IA (ep.22)

Lexique des concepts et termes importants

A. Institutions et concepts politico-religieux

 Ekklesia (Ἐκκλησία) Étymologie politique → usage ecclésiologique Terme grec désignant à l'origine l'assemblée souveraine des citoyens libres de la polis grecque. Repris par les communautés judéo-chrétiennes pour désigner l'assemblée des croyants. Cette filiation étymologique porte une ambiguïté fondatrice : l'Église hérite d'une vocation à la souveraineté collective qu'elle va progressivement retourner vers une autorité hiérarchique centralisée. À distinguer de la Sunagôgé, adoptée par les Pharisiens juifs.

Haïrésis (αἵρεσις) Grec philosophique → crime théologico-politique Terme grec signifiant littéralement « choix » ou « opinion ». Désignait d'abord, sans connotation péjorative, une école philosophique ou un courant de pensée. Sous l'Église impériale, le terme se charge d'une valeur criminelle : l'hérésie devient crime de lèse-majesté, passible d'excommunication et de répression armée. L'épisode montre comment ce glissement sémantique est l'outil principal du monopole doctrinal.

 Coup d'État théologico-politique Concept analytique de l'épisode Expression forgée dans le texte pour désigner le processus par lequel l'Église impériale s'empare de la légitimité spirituelle des communautés chrétiennes pour en faire un instrument de pouvoir. L'enjeu central : la mise sous tutelle de l'Ekklesia, la transformation d'une assemblée de croyants en institution hiérarchique au service de l'Empire.

Pontifex Maximus Religion romaine → syncrétisme constantino-chrétien Titre religieux romain désignant le grand prêtre de la religion officielle, gardien des rites et de la frontière entre monde humain et divin. Constantin le porte encore lors du Concile de Nicée (325), mêlant dans sa personne l'autorité impériale et la définition de l'orthodoxie chrétienne. Ce titre sera ultérieurement adopté par les papes.

Catholicon (καθολικόν) Grec → ecclésiologie romaine Adjectif grec signifiant « universel » ou « au point de vue de tous ». Désigne la vocation universaliste de l'Église romaine, son ambition de transcender les divisions ethniques, linguistiques et sociales. Dans l'épisode, il est aussi associé à l'universalisme paulinien subversif (« ni Juif ni Grec ») avant d'être récupéré comme outil idéologique de l'Empire.

Cosmopolis Philosophie stoïcienne → idéologie impériale La « cité-univers » : idéal philosophique stoïcien et alexandrin d'une communauté politique embrassant l'humanité entière au-delà des frontières nationales. L'Empire romain en était la réalisation temporelle ; l'Église catholique prétend en être la continuation spirituelle. L'épisode lit cette continuité comme une captation : l'universalisme de l'Église perpétue la logique impériale romaine sous un habit spirituel.

Urbi et Orbi Latin ecclésiastique ; formule papale Expression latine signifiant « à la ville [Rome] et au monde entier ». Formule de bénédiction papale et, plus généralement, image de la vocation universelle de Rome à être non seulement une ville mais l'Univers. L'épisode la cite pour souligner la continuité entre l'imperium romain et la mission de l'Église.

 B. Christologie et disputes doctrinales

Consubstantialité (homoousios) Concile de Nicée, 325 ; théologie trinitaire Concept théologique adopté au Concile de Nicée (325) : le Christ est de la même substance (ousia) que le Père — il est véritablement Dieu et non une créature divine de rang inférieur. Cette formule condamne l'arianisme (qui faisait du Christ une créature distincte du Père) et établit le dogme trinitaire. L'enjeu politique : si le Christ est pleinement Dieu, l'Église qui est son corps est pleinement divine.

Arianisme : Arius, Alexandrie, IVe s. Doctrine de l'évêque Arius (c. 256-336) affirmant que le Fils est une créature du Père — « il fut un temps où il n'était pas ». Condamné au Concile de Nicée (325), l'arianisme connut pourtant une expansion significative parmi les royaumes germaniques (Goths, Wisigoths, Ostrogoths). Son élimination progressive fut une condition de la centralisation catholique romaine.

Dyophysisme / Monophysisme Christologie orientale ; Concile de Chalcédoine, 451 Deux positions christologiques en conflit dans les Églises orientales : le dyophysisme affirme que le Christ a deux natures (divine et humaine) distinctes ; le monophysisme affirme une seule nature (divine) après l'Incarnation. Ces positions théologiques sont aussi des résistances des Églises orientales (syriennes, coptes, arméniennes) à la domination dogmatique de Rome et Constantinople. 

Théotokos (Θεοτόκος) Concile d'Éphèse, 431 ; mariologie Titre marial signifiant « Mère de Dieu » (littéralement : « celle qui a engendré Dieu »). Consacré au Concile d'Éphèse (431) contre Nestorius, qui proposait Anthrôpotokos (Mère de l'homme) ou Christotokos (Mère du Christ). La querelle porte sur la nature du Christ : peut-on dire que Dieu est né d'une femme et mort sur une croix ? L'enjeu populaire : le culte marial était profondément ancré dans les Églises grecques.

Docétisme Gnosticisme ; patristique IIe-IVe s. Doctrine (condamnée) affirmant que le Christ n'avait qu'un corps apparent, non réel — il « paraissait » (dokein) souffrir et mourir sans le faire réellement. Soutenu par de nombreux gnostiques du IIe siècle. L'Église impériale le condamne car il conteste l'Incarnation réelle, sur laquelle repose la logique du salut et la légitimité de l'Église comme corps réel du Christ.

Logos (Λόγος) Philosophie grecque (Héraclite, stoïciens) → théologie chrétienne Terme grec polysémique : raison, parole, principe d'ordre. Dans la théologie johannique (« Au commencement était le Logos »), il désigne le Christ comme principe divin de la création. Dans le contexte de l'épisode, le monopole du Logos par l'Église signifie que la Parole de Dieu n'a plus qu'un seul canal légitime — l'institution ecclésiastique.

C. Symbolique des deux cités

Jérusalem céleste Apocalypse de Jean, XXI ; eschatologie Image apocalyptique (Apocalypse de Jean, XXI) d'une cité sainte descendant du ciel, habitée par les âmes purifiées, épouse de l'Agneau (le Christ). Elle représente l'idéal eschatologique du christianisme : la communauté des saints, distincte des institutions temporelles. Dans l'épisode, la question est de savoir si l'Église romaine est réellement cette Jérusalem ou si elle n'en est qu'une imposture.

Babylone Apocalypse de Jean, XVII-XVIII Dans l'Apocalypse de Jean, Babylone désigne Rome — la puissance impériale persécutant les chrétiens, ivre du sang des martyrs. Figure de l'anti-Jérusalem : la cité de la corruption, de la prostitution spirituelle (l'idolâtrie), de la domination terrestre. L'ironie historique analysée dans l'épisode : Rome, qui était Babylone, est devenue la capitale de l'Église — ce qui pose la question d'Hermas : Babylone a-t-elle emprisonné Jérusalem ? 

Saeculum Latin patristique ; eschatologie Terme latin désignant le siècle, l'ère temporelle, le monde présent. Pour les premiers chrétiens, la fin du saeculum (la fin du monde tel qu'ils le connaissent) était imminente et désirable — elle annoncerait le règne de Dieu. L'épisode montre comment la christianisation de l'Empire transforme cette attente eschatologique : le saeculum ne sera pas détruit mais transfiguré par l'Église.

Hors de l'Église, point de Salut Cyprien de Carthage ; Augustin ; ecclésiologie Formule latine (Extra Ecclesiam nulla salus), attribuée à Cyprien de Carthage (IIIe s.) et développée par Augustin. Elle marque le moment où l'institution ecclésiastique s'arroge le monopole du salut divin — aucune voie spirituelle hors de son cadre ne peut conduire à Dieu. C'est l'aboutissement logique du coup d'État théologico-politique décrit dans l'épisode.

 

D. Symbolique de l'Alma Venus et du monde sensible

Alma Venus Lucrèce, De Rerum Natura, I, 1 sqq. ; mythologie Expression latine (Lucrèce, De Rerum Natura, I) : « Vénus nourricière ». Désigne la puissance générative et vitale de la nature, force d'amour qui anime tous les êtres vivants. Dans l'épisode, Hélène est identifiée à cette figure : elle était l'âme chantant l'harmonie des sens, la reine des forces naturelles vénérées dans les sanctuaires. Sa conversion signifie le retrait de cette puissance du monde visible. 

Paganisme / Dii gentium Religion gréco-romaine ; étymologie chrétienne Le « paganisme » (de paganus : paysan, habitant de la campagne) est un terme chrétien péjoratif désignant les religions polythéistes gréco-romaines. L'épisode en montre la richesse : ce n'est pas l'absence de spiritualité mais une spiritualité du monde — les dieux habitent les forêts, les sources, les montagnes. Les bijoux d'Hélène (Hermès, Aphrodite, Dionysos, Apollon, Gaïa-Déméter) en sont la liste exhaustive.

La perle / Graine en hiver Symbolisme de l'épisode Double métaphore utilisée dans l'épisode pour figurer le destin d'Hélène après sa conversion et sa retraite dans le pays de glace. La perle : valeur spirituelle inaltérable, concentrée en un point. La graine : potentiel de renaissance attendant le printemps. Ces deux images signifient que le retrait d'Hélène du monde visible n'est pas une mort définitive mais une mise en attente — le monde ancien survit à l'état latent.

 Amore subduntur / Subditi judicare non possunt Augustin ; épistémologie augustinienne Deux formules latines d'Augustin citées dans l'épisode : « les hommes sont détournés par leur amour pour les choses créées » et « détournés, ils sont incapables de juger ». Elles expriment l'augustinisme épistémologique : l'amour des créatures (le monde visible, les corps, la nature) corrompt le jugement. C'est la justification philosophique du retournement d'Hélène : aimer le monde visible aveugle à la lumière divine.

Anachorèse étendue Concept du projet ; Livre II Concept central de l'épisode : le mouvement ascétique de retrait du monde (l'anachorèse des ermites du désert) est étendu à l'ensemble du corps social. La lutte individuelle contre les passions devient une politique civilisationnelle : détruire les temples, interdire les sacrifices, imposer une morale ascétique comme morale civique. L'épisode souligne l'ambivalence : l'anachorèse était un mouvement d'Orient (vers la lumière) ; sa généralisation institutionnelle risque d'en inverser le sens.

E. Références historiques et personnages

Constantin (272-337) Antiquité tardive, IVe s. Premier empereur romain à se convertir au christianisme (312, avant la bataille du Pont Milvius). Porteur du titre de Pontifex Maximus, il convoque le Concile de Nicée (325) pour unifier la doctrine chrétienne — non par conviction spirituelle mais pour faire de la religion le « ciment de l'Empire ». Il fonde Constantinople (330) comme nouvelle Rome chrétienne. L'épisode souligne qu'il n'était pas « personnellement concerné par les questions religieuses ».

 Nestorius (c. 386 - c. 451) Christologie ; Concile d'Éphèse, 431, Patriarche de Constantinople, représentant de l'école d'Antioche. Condamné au Concile d'Éphèse (431) pour avoir refusé le titre Théotokos (Mère de Dieu) et proposé Christotokos (Mère du Christ) ou Anthrôpotokos (Mère de l'homme). Son œuvre fut brûlée. Il affirmait que Dieu ne pouvait ni naître d'une femme ni mourir — position proche du docétisme. Sa condamnation illustre comment la logique dogmatique devient politique.

Marcion (c. 85 - c. 160) Patristique IIe s. ; gnosticisme Théologien dit « hérétique » du IIe siècle, condamné deux siècles après sa mort. Il fut l'un des premiers à percevoir Rome comme la Nouvelle Jérusalem chrétienne et à vouloir épurer le christianisme de ses racines juives pour en faire une religion universelle (catholicon). L'épisode le cite comme précurseur visionnaire de la romanisation du christianisme.