Livre I : Les Portes du Ciel
Les Portes du Ciel ouvre une traversée singulière : ni roman au sens classique, ni essai académique, mais un vidéolivre philosophique et narratif qui interroge l’histoire spirituelle de l’Occident à partir d’une question simple et brûlante : Comment en sommes-nous arrivés là ? À travers des lettres, des récits et des images, le livre explore la crise contemporaine non comme un accident politique ou social, mais comme une crise du sens, née d’un rapport rompu à la lumière, au sacré et à la verticalité.
Le point de départ est intime. Trois voix se répondent : Barthélémy, historien humaniste, Ismaël, en quête d’absolu, et Alisée, témoin sensible de leurs fractures. Leurs échanges mettent en scène une tension familière : celle d’un monde qui promet tout, mais ne parvient plus à répondre au désir de vérité. Ismaël, incapable de se reconnaître dans l’Occident moderne, s’en détourne avec une radicalité croissante. Barthélémy, plutôt que de juger ou d’expliquer sociologiquement, entreprend un détour inattendu : revenir à la source, en replongeant dans la généalogie spirituelle de notre civilisation.
C’est ainsi qu’apparaît Eliénzys, l’Esprit Voyageur. Figure imaginale, il traverse les grandes étapes fondatrices de l’Occident ancien : la Perse et sa vision cosmique de la lumière, la Grèce confrontée à l’angoisse du temps et du devenir, Rome tentant d’ériger l’éternité dans la pierre et la loi. À travers lui, l’histoire devient expérience intérieure : non une succession de faits, mais une aventure de la conscience, où chaque choix métaphysique laisse une trace durable dans notre manière d’habiter le monde.
Le Livre I s’achève sur un basculement décisif : la tentation de fuir le monde au nom de la pureté, résumée par l’ancienne formule Sôma Sêma — le corps comme tombeau. Cette rupture, née d’un désir excessif de lumière, ouvre une blessure profonde : celle d’un esprit qui se sépare du vivant et de la nature. Les Portes du Ciel racontent ce déchirement fondateur, sans le simplifier ni l’excuser, pour mieux préparer la suite de l’odyssée.
Ce premier livre s’adresse à celles et ceux qui pressentent que notre crise n’est pas seulement matérielle ou morale, mais spirituelle au sens fort. Il invite à regarder autrement l’histoire, non pour y chercher des réponses toutes faites, mais pour rouvrir une question essentielle : comment réconcilier la quête de sens avec le monde que nous habitons ?